
La rue du marché est pleine. Manon arrive avec un billet de vingt euros.
Devant le stand, les gens attendent leur tour.
Elle regarde les prix, plus chers que dans son village. Le vendeur pĂšse un morceau de fromage doux et deux tomates.
âVous pouvez goĂ»terâ, dit-il. âC'est le meilleur.â âCelui-lĂ â, dit Manon, et elle choisit le plus doux. âBon choixâ, rĂ©pond le vendeur. âC'est celui que je mange chez moi. Alors prenez-en deux.â
âEt celui-ci ?â Manon goĂ»te encore et dit oui, mais elle veut le moins cher. âEt le petit, lĂ ?â Elle dit oui aussi. Manon ne sait pas dire non Ă quelqu'un qui parle fort.
âĂa fait dix-huit eurosâ, dit le vendeur. âVous choisissez bien.â âDix-huit ?â, rĂ©pĂšte Manon. âVous avez bien goĂ»tĂ©â, rĂ©pond-il en rendant la monnaie exacte.
âĂ samedi ?â, demande le vendeur. âĂ samediâ, rĂ©pond Manon, le panier lourd dans la main. Chez elle, il y a du fromage pour huit jours, du pain sec de la veille et six cartons encore pleins.