
Aurélien s'est rendu compte de son erreur le lundi. Il avait promis à Élodie de monter les étagères de l'atelier le même samedi soir. Son idée: être à la fois à l'atelier et au restaurant.
Alors il a inventé une excuse bidon. “Je suis malade comme un chien, je ne viendrai pas ce soir, désolé”, prétendait-il d'une voix faible.
“Tant pis. Je les monterai toute seule, et tu me devras une bière, deux même”, lui a répondu Élodie dans la minute.
Au restaurant, Marion racontait sa nuit aux urgences, et Aurélien avait la tête ailleurs. Il pensait aux vis, à l'escabeau trop haut, à Élodie seule dans l'atelier.
À minuit, il a reçu une photo: trois étagères bien droites. Sur la photo, on voyait aussi le pouce d'Élodie, entouré d'un pansement. “Mission accomplie. J'espère que tu vas mieux, mon pauvre, et que tu dors bien”, avait écrit Élodie.
Aurélien s'est senti coupable. Le dessert, pourtant délicieux, lui a paru sans goût.
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